Acquisition de la propreté : un apprentissage tout en douceur

Aider son enfant à devenir propre, à faire ses besoins sur le pot et à se débarrasser définitivement des couches … Toutes les mamans en rêvent. Les conseils de Dr Hanane Benkhadra Benabderrazik, pédiatre pour bien réussir cette étape.

L’acquisition de la propreté n’est pas la même pour tous les enfants. Si pour certains, cette étape arrive presque tout naturellement, pour la majorité, cet apprentissage nécessitera plus de temps et plus de souplesse. Ainsi, les pédiatres conseillent de procéder par étapes. Impossible d’exiger de l’enfant d’être propre du jour au lendemain. «Mettez-vous à la place de Bébé. Depuis deux ans, il fait dans ses couches et vous le félicitez pour cela. Et, tout d’un coup, il faudrait qu’il comprenne de lui-même que c’est fini…», explique Dr Hanane Benkhadra Benabderrazik, pédiatre à Casablanca. Aussi, c’est l’aptitude de l’enfant à vouloir aller sur le pot, mais aussi votre accompagnement qui lui permettra de réussir cette étape dans les meilleures conditions.

Une question de maturité

Généralement, rappelle la spécialiste, les enfants sont propres entre 18 mois et 2 ans ou 2 ans et demi, et cela coïncide avec la période où l’enfant peut contrôler ses sphincters. Cette étape est tributaire de la maturation neuromusculaire, intellectuelle et affective de l’enfant. Cela signifie, nous rappellent les spécialistes, que l’enfant peut fermer et ouvrir ses sphincters de façon volontaire, qu’il arrive à maîtriser ses mouvements, qu’il vous comprend quand vous vous adressez à lui, qu’il offre ses jouets, vous imite dans ses jeux et aime à être félicité et désire également le faire. Inutile donc de forcer un enfant à aller au pot. Des astuces et des conseils de votre pédiatre peuvent vous aider à réussir cette mission.

Tout d’abord, l’acquisition de la propreté peut se faire plus facilement en été qu’en hiver. La saison chaude se prête plus volontiers à cela dans la mesure où vous pouvez enlever la couche. Mais déjà, si vous avez repéré le moment où votre enfant fait par exemple ses selles, n’hésitez pas à l’installer sur le pot, mais pas très longtemps. Mais s’il se montre réticent ou n’aime pas, n’insistez pas : il n’est pas encore prêt. En fait, même si à 18 mois, l’enfant est capable de comprendre ce qu’on attend de lui, cette période, comme on le sait, coïncide avec la fameuse période du non et de l’opposition. Négociez cette période avec souplesse pour ne pas susciter des résistances de la part de l’enfant, et par conséquent, un retard dans l’acquisition de la propreté, et parfois même provoquer des troubles de la personnalité.

Attention et patience

Les pédiatres attirent l’attention des parents sur certains signes qui ne trompent pas : l’enfant reste propre sans uriner pendant deux heures, si après une sieste, il est toujours sec, s’il parvient à s’habiller seul et s’il se sent incommodé quand il est mouillé…

Aussi, si l’âge est important, le choix de la saison est tout aussi important. La pédiatre conseille de profiter de l’été pour initier doucement l’enfant, car, explique-t-elle, un enfant ne peut pas être propre du jour au lendemain. Tout d’abord, elle conseille d’enlever la couche, et d’opter pour la culotte. Il est normal que l’enfant y fasse ses besoins. Veillez bien évidemment à changer sa culotte mouillée. Proposez aussi le pot à l’enfant, tout en restant à ses côtés, pour lui lire une histoire ou jouer avec lui. Si l’enfant fait ses besoins dans le pot, n’hésitez pas à le complimentez sans en faire des tonnes. Vous pouvez ensuite le rhabillez et recommencer le même manège deux heures plus tard. Mais, ne croyez surtout pas que votre enfant sera propre du jour au lendemain. En instaurant une bonne routine et des rituels, par exemple, au réveil, après les repas, avant la sieste, et le coucher du soir. Encouragez et félicitez l’enfant en cas de réussite, mais ne le réprimandez surtout pas. Sachez aussi que si l’enfant devient propre le jour, il lui faut plus de temps pour acquérir la propreté nocturne. Patience, persévérance et encouragements sont la clé du succès.

Bon à savoir

L’été est la saison la plus propice au bon apprentissage de la propreté. En effet, l’arrivée des beaux jours peut permettre aux enfants de rester sans couche pendant la journée. Mais se retrouver sans couche, ne signifie pas immédiatement pour l’enfant prendre conscience des signes annonciateurs du pipi, ni accepter de s’asseoir sur le pot pour faire ses besoins. Il s’agit d’une étape importante dans la croissance qui nécessite l’attention et la patience de l’entourage.

«L’enfant ne doit pas considérer la mise sur le pot comme une punition mais comme un jeu»

Entretien avec Hanane Benkhadra Benabderrazik, pédiatre

A partir de quel âge faut-il apprendre à son enfant à aller sur le pot et comment procéder ?

L’âge de la propreté se situe entre dix huit mois et deux ans. Il est inutile d’asseoir votre enfant sur le pot avant, ce n’est qu’à cet âge là que le cerveau permet de contrôler les sphincters. Tout d’abord, il faut expliquer à l’enfant quoi sert le pot, le placer dans les toilettes, enlever les couches avec son accord et l’idéal est d’aller acheter des culottes de grands avec lui. Ensuite lui rappeler qu’il n’a plus de couche.

Puis, il faut essayer d’instaurer une routine, c’est important, les rythmes l’aident et le rassurent. Le mieux est de le mettre sur le pot après les repas, avant la sieste et avant le coucher.

Il est également important que votre enfant ne considère pas la mise sur le pot comme une punition mais comme un jeu.

Comment savoir si l’enfant est prêt à aller sur le pot ?

Quelques signes vous permettent de penser que votre enfant est prêt pour la propreté : votre enfant marche depuis longtemps, monte et descend les escaliers, il est conscient qu’il fait ses besoins et il est capable de le dire même s’il le fait dans sa couche.

Quels sont les conseils et astuces que vous pouvez donner aux mamans pour réussir cette étape ?

Respecter son rythme

  • Choisir le bon moment: le moment idéal pour débuter l’apprentissage de la propreté et bien-sûr celui où vous sentez votre enfant prêt: il doit correspondre
    à une période apaisée, non stressante ( naissance petit frère ou petite sœur, divorce…)

La longue période estivale est souvent propice pour cet apprentissage.

  • L’accompagner, vous pouvez vous assoir sur la cuvette des toilettes face à lui, verbaliser les étapes ( baisser le pantalon et la culotte, s’assoir sur le pot…)
  • Le féliciter sans insistance, l’enfant ne doit pas comprendre qu’il fait ses besoins pour vous faire plaisir.
  • Procéder par étapes: habituez-le déjà au pot, vous pouvez garder dans un premier temps la couche pendant la sieste et la nuit.

Quand il est bien habitué au pot passer au réducteur de toilettes. Cependant, certains enfants préfèrent se passer du réducteur d’emblée.

  • L’habiller en conséquence: ne lui mettez pas des vêtements compliqués à ôter.
  • Dédramatiser l’accident et avoir toujours sur soi du linge de rechange.

Source : FA

2020-03-25T18:05:08+01:00