Diabète et ramadan, soyons vigilants

Si, pour les personnes en bonne santé, la pratique du jeûne ne pose pas de problème particulier, il en va autrement pour certains malades. Hypoglycémie, hyperglycémie, déshydratation ou encore thrombose sont des risques réels pour les diabétiques qui jeûnent contre l’avis de leur médecin.

Les endocrinologues ne cessent de le répéter : les personnes fragiles ou atteintes d’une maladie chronique ne doivent pas se lancer dans le jeûne sans avoir consulté au préalable leur médecin traitant et obtenu son autorisation. Le médecin pourra, dans certains cas, déconseiller le jeûne ou encore ajuster le traitement en cours. Il est, en outre, vivement recommandé de rompre le jeûne si cette pratique risque d’aggraver leur maladie ou de retarder la guérison. Mais, en fait, chaque cas est différent, il est donc primordial de consulter et de demander l’avis du médecin avant de jeûner. Mais de manière générale, il faut savoir que le patient sous insuline ne doit pas jeûner et celui sous médicaments peut le faire si le médecin l’autorise.

Une maladie sous haute surveillance

«31% des personnes interrogées au Maroc croient en la conciliation de la maladie avec le jeûne», avait révélé une étude commanditée en 2012 par les laboratoires Novo Nordisk et menée par le cabinet international Ipsos Health Care. Mais il est indéniable que le jeûne pour un diabétique présente de réels risques. Et beaucoup de patients ignorent les recommandations du corps médical et choisissent d’observer le jeûne du Ramadan. Un choix qui peut s’avérer lourd de conséquences et qui devra être anticipé et guidé par un suivi médical adapté. La table ronde organisé par MSD et animée par Pr Ghomari, au début du mois de juin, a justement mis l’accent sur tous les risques encourus par le diabétique. En effet, il faut savoir que le jeûne modifie considérablement les habitudes alimentaires et que cela peut entrainer de nombreuses complications chez les personnes diabétiques de type II, comme l’hypoglycémie, l’hyperglycémie, la déshydratation ou encore une thrombose. «Ces risques ne doivent surtout pas être pris à la légère, notamment pour les risques d’hypoglycémies», insiste Pr Ghomari, endocrinologue, qui rappelle que la diminution de l’apport alimentaire associée à la prise de certains traitements anti-diabétiques, expose à un risque d’hypoglycémie (faible taux de sucre dans le sang). «Dans ce cas, deux problèmes peuvent survenir: si le patient continue son traitement mais ne mange pas, il risque alors de faire une hypoglycémie, et si celle-ci n’est pas prise en charge rapidement, elle peut entrainer de sérieuses conséquences comme la perte de conscience ou encore des convulsions. Dans le second cas, le patient arrête son traitement et là, les conséquences de cette erreur peuvent être dramatiques, puisqu’il risque le coma diabétique».

Suivi médical

Selon Abderrahim Derraji, Docteur en Pharmacie, «l’impact du jeûne change selon le type de diabète. En ce qui concerne le diabète de type1, diabète se caractérisant par un défaut de production d’insuline, le patient n’a d’autre choix que de procéder à des injections régulières pour maintenir un taux d’insulinémie nécessaire au maintien d’une glycémie normale et stable. Cette injection peut être envisagée durant le mois de Ramadan le soir ou très tôt le matin. A la différence de l’insuline lente, l’insuline rapide permet de contrôler les montées glycémiques qui peuvent survenir après les repas. Les injections doivent donc précéder les repas». Les études menées dans ce sens confirment qu’un patient dont le diabète est équilibré peut très bien jeûner. C’est ce que confirme le Pr. Bertrand Cariou, endocrinologue au CHU de Nantes «un diabétique de type 1 qui gère sa glycémie peut très bien respecter le Ramadan». Mais, interdiction absolue de jeuner chez le patient dont le diabète est mal équilibré ;
Abderrahim Derraji explique également que chez les patients souffrants de diabète type 2, «le traitement par certains antidiabétiques oraux les expose à l’hypoglycémie. Ces mêmes patients peuvent également faire des hyperglycémies en cas de défaut d’observance de leur traitement». En somme, les diabétiques ne doivent pas commettre d’imprudence et ne jeûner que s’ils y sont autorisés par leur médecin. «Les progrès des traitements ne font en effet plus du diabète une contre-indication stricte à l’observance du Ramadan», nuance, toutefois, Pr. Cariou. Néanmoins, et on ne le répètera jamais assez, l’auto surveillance et la prise en considération de certaines complications du diabète restent primordiales.

Les conseils de Dr Ferkkaoui

Le diabète est une maladie chronique qui nécessite une grande vigilance. Au-delà du régime alimentaire, il faut bien essuyer les pieds après les ablutions. Marcher après le diner est aussi recommandé. Le malade doit boire beaucoup d’eau. Au cours de la journée, il doit mesurer sa glycémie. En cas d’hypoglycémie, il faut manger.
Le plus important est de consulter son diabétologue afin d’avoir un protocole alimentaire et des explications sur comment aborder le ramadan et si on peut jeûner.

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