Le retour du mentorat intergénérationnel féminin : pas pour la carrière, pour la vie

Et si l’on arrêtait de parler de mentorat uniquement en entreprise ? De plus en plus de femmes renouent avec une forme d’accompagnement bienveillant entre générations, pas pour grimper l’échelle sociale, mais pour grandir… ensemble.

Elle a 28 ans, vient de devenir mère, se sent submergée. L’autre en a 58, a traversé les mêmes doutes, les mêmes nuits blanches. Elles ne sont ni parentes, ni collègues. Elles se sont rencontrées via un cercle de femmes, un atelier, un groupe en ligne. Entre elles, pas de hiérarchie, pas de performance à prouver. Juste un lien. De femme à femme. C’est cela, le mentorat de vie intergénérationnel. Une forme d’écoute et de transmission précieuse… qui fait doucement son retour.

Une relation de soutien, pas d’ascension

Trop souvent, le mot « mentorat » évoque les codes de l’entreprise : progression de carrière, réseautage, réussite. Mais dans le mentorat de vie, il ne s’agit pas de CV. Il s’agit de vécu, de confiance, de questions intimes. Comment gérer une rupture ? Suis-je une bonne mère ? Est-ce normal de me sentir perdue à 40 ans ? Ici, la relation ne vise pas un objectif de résultat, mais une croissance intérieure.

Ce mentorat-là prend racine dans des traditions anciennes : les femmes se transmettaient oralement les savoirs, les gestes, les récits. Aujourd’hui, cette chaîne s’est un peu rompue. Pourtant, le besoin reste. Car vivre est complexe, et l’expérience d’une autre peut être un phare dans le brouillard.

Des espaces pour se confier sans masque

Cercle de parole, groupe WhatsApp, binôme spontané… les formes varient. Mais le principe reste le même : se retrouver dans un espace sans jugement, où la parole est libre, où les « je ne sais pas » sont permis.

Souvent, les plus jeunes attendent une réponse, une méthode. Et les aînées offrent mieux : une présence, un partage sincère, parfois même des rires. Ce lien crée une force douce : on ne se sent plus seule. On ne se sent plus obligée d’être parfaite.

Et dans une société qui valorise l’indépendance à tout prix, ce genre de dépendance affective choisie est une bouffée d’air.

Une richesse mutuelle, à double sens

Le mentorat féminin n’est pas à sens unique. Les femmes plus âgées y trouvent aussi beaucoup : le sentiment de transmettre, d’exister autrement, de rester connectées aux générations montantes. Certaines disent même que cela leur redonne confiance, après la retraite ou les bouleversements de la cinquantaine.

Ce lien intergénérationnel répare. Il guérit des blessures anciennes, éclaire des chemins nouveaux. Il sort les femmes de l’isolement et déconstruit le mythe de « la femme forte qui gère tout seule ».

Et si on arrêtait de chercher des modèles à suivre, et qu’on cherchait plutôt des femmes à rencontrer ? Le mentorat intergénérationnel, ce n’est pas une stratégie de carrière, c’est un art de vivre. C’est tendre la main sans vouloir sauver. C’est dire « je suis passée par là »… et marcher ensemble, un bout du chemin.

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